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La Chartreuse de Sainte Croix... Une histoire d'Amour qui n'en finit pas !

Tout commença ainsi :
       Au cours du Concile oecuménique qui s'était tenu à Lyon en 1274, sous la présidence du Pape Grégoire X et en présence du Roi de France Philippe III, il fut décidé de porter secours aux troupes de la 8ème et dernière Croisade en repli. Peu avant Noël donc, en l'an 1275 à la tête d'une armée de plusieurs centaines d'hommes, Guillaume de Roussilon, frère d'Aymard de Roussilon archevèque de Lyon, Seigneur du Pilat et des Vallées, partit en Terre Sainte où il crut pouvoir ramener la Croix où Jésus-Christ fut attaché et martyrisé.
       Béatrix sa femme, la mère de ses huit enfants est boulversée à l'idée de ce voyage aussi lointain, mais la Croix du supplice du fils de Dieu, l'obsède. Pendant plus de deux longues et interminables années, Béatrix attendit pieusement son époux dans son château à Chateauneuf, pensant aussi intensément à son mari qu'à la Croix de Jésus jusqu'au jour où l'on vint lui annoncer la mort de son irremplaçable Guillaume de Roussillon, tué tout près de Saint-Jean d'Acre en Israël.
       Dès lors, Béatrix se réfugie dans la mystucuté du désir de Dieu, afin de rester pour toujours, fidèles à son tendre compagnon. Sa contemplation fut grande pendant ces jours obscurs du monde et son raffinement de dévotion l'amena une nuit durant, au Songe Providentiel où une Croix étoilée insaisissable, lui ouvrit le chemin... Cette Communion avec l'Absolu o* Dieu est possible, jeta les bases d'une extraordinaire épopée à travers l'histoire.
       Au petit matin, dès l'aube grandissante, elle eut le désir de suivre l'itinéraire des étoiles disparues derrière la montagne.
       Elle chevaucha vallons et vallées et puis voici que là - ici même - devant elle, en plein jour, sans rien y comprendre, elle crut apercevoir à nouveau, immobile au dessus d'un terrain vague verdoyant, cerné par deux petites rivières murmurantes, la Croix de son rêve entourée d'étoiles.
       Alors, conjointement à la volonté divine, elle décida de fonder une Chapelle à la dévotion de Dieu, et tandis que Béatrix priait avec ferveur dans ce champ baigné de lumière, la Croix disparut. Encline à sa spiritualité, Batrix fit commencer activement les dravaux au début de l'an 1280.
       Bientôt la Chapelle fut entourée d'immenses bâtisses ornées des Armoiries de nombreux donateurs et les Moines de Saint-Bruno s'y insttallèrent pour perpétrer la puissance divine dans la prière et la méditation.
       Béatrix de la Tour se réserva le droit d'habiter un petit appartement contre le cloître, tout près de la Chapelle pour y finir pieusement dses jours. Elle mourut en 1307.
       Son corps repose aujourd'hui encore, au bas du maître-autel, dans la petite église paroissiale, à côté de la sépulture de Thibaud de Vassalieu, grand Seigneur et dignitaire ecclésiastique, homme d'importance qui joua un rôle déterminant dans le rattachement du Lyonnais à la Couronne de France en 1312.
       Trouvées par hasard en 1896, des fresques d'une rare beauté pour cette époque, immortalisent depuis 1327 son enterrement. Pendant cinq sièbles durant, les Chartreux coulèrent ici des jours paisibles au rythme sévère de la vie monastique.

Puis vint la Révolution en 1789.

        Le 17 Août 1792, un décret-loi supprima les Congrégations religieuses, avec la confiscation de tous leurs biens.
       Alors dans la nuit du 30 septembre 1792, après une dernière prière dans la petite Chapelle qui abrite encore le mystère de la Croix étoilée, Jean Baptiste Livinhac 79ème et dernier Prieur du Monastère quitta les lieux avec sept de ses frères.
       Leurs biens furent distribués ou détruits, Un seul bahut d'une rare beauté, en noyer massif, frappé aux armes de Béatrix de la Tour put être sauvé parce qu'un huissier de Rive de Fier s'en appropria.
       Il se trouve aujourd'hui au château de la Chapelle Villars dont le propriétaire est Monsieur Roque, un fort gentil homme.
       Les bâtiments vendus au enchères, le 7 décembre 1794, permirent à de nombreux paysans pauvres de Pavezin de s'y établir. Et le 24 mars 1888, la Chartreuse devint Sainte-Croix-En-Jarez, commune à part entière. Aujourd'hui l'ancien Monastère est devenu un paisible petit village d'autrefois, retranché du monde derrière ses solides fortifications et son architecture étonnante et où vivent encore une soixantaine d'habitants qui portent témoignage depuis des siècles de cette belle histoire d'Amour.
       La porte de cette forteresse franchie, on est saisi par l'ambiance de calme et de mystère qui règne encore en ces lieux. On a l'impression de se trouver en face d'une mission inachevée ou détruite, on ne sait plus trop. En tout cas, une sensation étonnante nous envahit, on croirait que notre divine Béatrix a encore un message d'amour à nous transmettre. D'ailleurs, un peu de partout sur les vieux murs que notre regard caresse avec douceur des symboles énigmatiques apparaissent çà et là à tout jamais, pour l'éternité. Et dans ces désordre apparent quand le vent souffle à travers les murs éventrés, on croirait entendre ecnore les chants liturgiques et les psaumes prophétiques d'inspiration lyrique profondément religieux qui se chantaient autrefois.
       C'est à croire que Béatrix n'en finit pas de faire sortir de ses entrailles le symbole de la faiblesse physique de l'homme doublé de la puissance divine qui nous hante.
       Aujourd'hui, avec la marche du temps qui nous étreint, c'est bien l'élan de l'âme vers la divinité qui lui rend encore, Grâce et Hommage et c'est bien ainsi.

Texte de Georges Comte.